Dossier

Réflexions sur les
services d’aide à l’intégration

Serge VAN BRAKEL - Président d’Horizon 2000

           On me demande de vous livrer mes réflexions sur les services d’aide à l’intégration des personnes handicapées en Wallonie. Permettez-moi d’introduire mon article en vous faisant part de ma petite expérience de coordinateur de service d’accompagnement pour personnes handicapées dans les années 1992 à 1999.

              Ce fut pour moi une expérience très enrichissante car cela m’a permis de mieux me rendre compte des différents besoins des personnes handicapées en matière d’accompagnement mais également de me rendre compte des différents manques qu’il y avait à l’époque afin d’amener les personnes handicapées à une vie la plus autonome possible.

              Les services d’intégration des personnes handicapées, aujourd’hui, répondent à une réelle demande des personnes handicapées et de leur famille. Car, si tout le monde est convaincu que la personne handicapée a des droits et des devoirs par rapport à notre société, cette personne a souvent besoin d’aide afin d’y trouver sa place.

              Pour moi, les 2/3 des personnes handicapées ont besoin d’aide, une aide qui peut être administrative, une aide qui peut se traduire par un accompagnement vers une vie socioculturelle, une aide qui peut être un accompagnement afin de trouver un emploi, ou une aide simplement pour pouvoir mener sa vie comme tout un chacun. Les services d’aide à l’intégration ont pour moi différentes missions, qui ne sont peut-être pas toujours écrites dans les arrêtés,bien évidemment, la mission d’accompagnement de l’enfant, de l’adolescent ou de l’adulte handicapé mais également la mission de venir en aide à la famille d’un enfant handicapé.

              Afin de bien mener leur travail, ces services doivent également faire un travail en amont afin de préparer l’arrivée de la personne handicapée. Je prendrai un exemple : si un jeune adolescent handicapé a le désir de s’intégrer dans une maison de jeunes de son quartier, le service d’aide à l’intégration pourra aller préparer le terrain en rencontrant l’équipe afin de pouvoir optimaliser l’intégration de la personne handicapée.

              Le rôle du travailleur d’un service d’intégration ou d’un service d’accompagnement est pour moi un rôle primordial car il doit être à la fois éducateur, conseiller et avoir une relation assez amicale avec la personne handicapée afin de l’aider le mieux possible.

              Il ne faut pas oublier le rôle de la famille lorsque qu’on travaille avec des enfants et des adolescents handicapés, et même des adultes, et je suis convaincu qu’il est primordial de pouvoir favoriser le dialogue entre l’équipe du service d’intégration et la famille dans l’intérêt de la personne handicapée.

              Un autre élément important est le milieu socio-économique de la personne handicapée. Mon expérience m’a appris qu’on ne peut pas accompagner de la même façon une personne handicapée vivant dans la région de Charleroi et une personne handicapée vivant à Namur ou à Bruxelles. Nous devons bien évidement prendre en compte les différents paramètres comme le lieu de vie, la situation économique de la personne ou de la famille, la culture de la personne ou la famille, mais avant tout l’envie et la volonté de la personne et de la famille de s’intégrer. Je crois que les différents services d’aide à l’intégration font un travail considérable comme les différents services d’accompagnement prennent un relais avec les personnes handicapées qui deviennent adultes. Ces différents services ont pour moi vraiment une raison d’être si nous voulons un jour arriver à ce que la personne handicapée puisse jouer un rôle social dans notre société.

              Pour moi, dans l’éventail des différents services proposés aujourd’hui, il y a quand même quelques manques. Par exemple, je verrais bien un service spécialisé dans l’accompagnement des personnes handicapées en vacances, un peu une agence spécialisée et agréée par le service public. Il manque également un service proposant des accompagnants pour permettre aux personnes handicapées d’aller au cinéma, au théâtre, d’aller faire les courses et je crois que là on devrait un peu s’inspirer de services existants au Québec, comme l’association PIMO.

              Je terminerais mon article en disant que je suis convaincu qu’il faudra également renforcer les liens entre les services d’intégration et les services s’occupant de démystification de la personne handicapée afin de travailler ensemble l’un pour mieux préparer en amont et l’autre pour mieux accompagner la personne handicapée.

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