Le concept de handicap a beaucoup évolué ces dernières décennies. Nous sommes en effet passés dune considération exclusivement médicale du handicap dune personne à la compréhension que sa marginalisation nest pas strictement liée à sa condition mais est le produit de linteraction entre la déficience ou les limitations de la personne et les milieux sociaux et les environnements dans lesquels elle évolue. Dans la mesure où on élimine les obstacles, la déficience entraîne peu voire prou de limitations dans laccomplissement dactivités.
Néanmoins, les personnes handicapées constituent à la fois un groupe hétérogène par le type de limitation quelles subissent et, globalement, homogène par leur situation socio-économique.
Depuis 2009, date de son entrée en vigueur, la « Convention relative aux droits des personnes handicapées » vise notamment à «permettre aux personnes handicapées de vivre de façon indépendante et de participer pleinement à tous les aspects de la vie». Elle engage «les États à prendre des mesures appropriées pour leur assurer, sur la base de légalité avec les autres, laccès à lenvironnement physique, aux transports, à linformation et à la communication, y compris aux systèmes et technologies de linformation et de la communication, et aux autres équipements et services ouverts ou fournis au public, tant dans les zones urbaines que rurales». Ces mesures, parmi lesquelles figurent lidentification et lélimination des obstacles et barrières à laccessibilité, doivent sappliquer, entre autres à laccès à linformation et à la communication, aux lieux de travail,
Cette convention engage également les États Parties « à prendre des mesures appropriées entre autre pour élaborer des normes [
] relatives à laccessibilité des installations et ser-vices ouverts ou fournis au public ainsi que de faire en sorte que les organismes privés qui offrent des installations ou des services qui sont ouverts ou fournis au public prennent en compte tous les aspects de laccessibilité par les personnes handicapées ».
Malgré les efforts consentis et les progrès réalisés dans plusieurs domaines, les personnes handicapées vivent encore trop en marge de la société les opportunités de participation socioéconomique ne sont encore aujourdhui quun rêve voire une utopie pour certaines dentre elles.
Dans notre société basée sur la connaissance, lenvironnement bâti comprend toujours plus de matériel et dappareils électroniques comme les claviers daccès, les commandes environnementales, les distributeurs automatiques, les alarmes, etc. Les nouvelles technologies sont un élément clé de laccessibilité à lenvironnement bâti et doivent contribuer à faire disparaître les obstacles existants pour les personnes handicapées. La diffusion rapide de ces technologies permettra de construire des environnements « intelligents» donc de moins en moins « handicapants » quant à linsertion socioéconomique des personnes moins valides.
Le manque daccessibilité des technologies handicape toutes les personnes quelles soient déficientes visuelles, auditives, motrices, intellectuelles et affecte aussi de plus en plus la population vieillissante.
Les technologies ont joué un rôle important dans la vie des personnes handicapées en tant quoutils dadaptation et dinsertion. Je pense au sous-titrage pour les personnes sourdes et malentendantes, aux aides à la mobilité et à la communication pour les personnes ayant une limi-tation motrice, aux aides à laccès à limprimé pour les personnes aveugles ou malvoyantes
Mais, lextraordinaire extension des technologies dans notre société a généré un phénomène dont on commence à mesurer le caractère problématique : la fracture numérique. Alors que les technologies de linformation accroissent chaque jour leur présence dans la société, la diffusion de cette innovation nest pas uniforme dans la population et ne bénéficie par conséquent quà une partie seulement des citoyens.
Cette fracture ou fossé numérique connaît un double mouvement. Dune part, cette fracture a tendance à se réduire au rythme des nouveaux utilisateurs qui adoptent chaque jour ces nouveaux outils. Mais, dautre part, elle a tendance à sapprofondir dans la mesure où tant le développement des nouveaux services et contenus que lextension des utilisateurs isolent un peu plus chaque jour les citoyens qui nont pas accès à ces contenus et services.
Ainsi, depuis 2004, le Ministre de lIntégration Sociale coordonne entre chacune des entités de notre pays un Plan national de lutte contre la fracture numérique.
Ce plan vise à rendre accessible la diffusion et lusage des technologies de linformation afin de réaliser une inclusion sociale concrète de groupes particulièrement défavorisés et notamment des personnes en situation de handicap.
Enfin, je suis convaincu que la valeur dune société se mesure au niveau dintégration quelle permet aux plus faibles des siens aussi ne pouvons nous faire léconomie de lapport des nouvelles technologies afin doptimaliser, encore et toujours, lintégration des personnes en situation de handicap en les amenant à une réelle autonomie.